Trip-Argentina

Argentina- El Tuzgle

Un mois en Argentine, 20 jours dans le désert à 4200 m, du soleil, du vent, des lamas, des indiens, encore du soleil, et des blocs…des blocs et des falaises tout autour de nous.

Bienvenido al Tuzgle. Un site majeur, qui mérite 100 fois les 4 jours de voyage depuis la France pour y accéder…

En arrivant sur le site (4200 m), on ne court pas comme des gazelles, et bien que les blocs alentours soient hyper attirants, il faut prendre le temps de s’acclimater. Pour ma part, je suis passé de 1200 m à 4200 m dans la journée, et ça ne m’a pas du tout réussi…Je suis resté cloué dans mon duvet toute la journée…Enfin bon.

Le camp de base a été installé stratégiquement au centre de cet univers minéral, pour pouvoir se déplacer au maximum sans le 4X4.

Donc, après quelques jours de remise en forme nous sommes partis explorer le site, pads sur le dos et brosse à la main.

Pas besoin de marcher longtemps pour voir apparaître les premiers blocs. Les pads sont vite jetés au pied des blocs et les traces de magnésie soulignent rapidement les arquées. Chacun y va de son ouverture, et à ce petit jeu, c’est Juju Nadiras qui décroche l’une des plus belles lignes avec : « le sot l’y laisse ».

(Ph: A.Ballay)

Axel. B et moi dans l’un des plus beaux blocs du trip:  » Le sot l’y laisse ». Estimé à environ 7c+, sa hauteur n’a d’égale que sa beauté (un bon 8m).

Dans la série des blocs hauts (qui a d’ailleurs été le thème de prédilection de pas mal d’ouvertures), on retrouve « Vino torro » estimé à 8a, mais qui reste à l’état de projet, étant donné l’engagement certain qu’il faut pour aller choper le bac final.

Nina Caprez notre Suissesse, qui ne doit pas avoir la même notion d’engagement que nous, s’est offert pas mal de belles croix. Elle signe ici la First Ascent de « 1/2 lune ». Un 7b+, bien engagé.

Badou (Nico Badia) met un énième run dans « Vino Torro », mais ne parviendra pas à engager suffisament la viande pour jeter au sommet du bloc.

Nina s’offre la F.A de « 1/2 Lune », parée par Steave, un Américain que nous avons rencontré sur le spot.

Steave dans »1/2 Lune »

Mais rassurez-vous, il n’y a pas que des blocs hauts, et certains blocs d’une hauteur un peu plus raisonnable, ont également vu le jour.

Anaïs, dans l’une de ses oeuvres: « Dermatologia » 7a. Des arquées, des arquées et encore des arquées,… La base.

En s’aventurant un peu dans les vallées alentours (1km à la ronde), nous avons découvert d’autres secteurs trés intéressants. Mais encore une fois les blocs allaient de 3 à 9m. Même Juju a commencé à se rendre compte de la hauteur délirante de certains passages…

Axel dans le départ assis d’un bloc X. Coté d’un commun accord à 7c et FAté par Rackam (Seb Bousogne).

Ce bloc, aussi dément soit-il rejoint « El Vino Torro » au rang des projets engagés, mais pour lui donner un pédigré : cotation environ 8a, hauteur 10m, réception impeccable. Conseil : une armée de pads !

Badou dans la FA de cette proue magnifique, juste avant le coucher de soleil. Bien qu’un peu « expo » sur la fin, la ligne reste majeure avec une cotation estimée à 7b+.

(Ph: Axel.B)

Moi même dans  » La proue à cannelure » 7b+. Là aussi, dame nature a été super cool en nous offrant une proue entièrement sculptée et majeure.

Il y a encore tellement de blocs magnifiques que j’aimerais vous montrer, mais ils ne rentreront pas tous ici. Pour vous donner un ordre d’idée, nous avons répertorié une soixantaine d’ouvertures allant du 5 sup au projet et dans des hauteurs souvent raisonnables (à venir un topo des différentes ouvertures de blocs et les accès…).

Entre ces journées de grimpe et d’ouvertures, nous avons eu la chance de rencontrer quelques indiens, et notamment Margarita et sa famille qui devaient posséder pas loin de 200 lamas. Marguarita est la propriétaire des terres où nous avons grimpé.

Nous avons assisté au dépeçage d’un lama, et aux différents moyens de conservation de la viande ( la méthode étendage…).

(Ph: Axel.B)

La viande sèche sous l’oeil consciencieux de Margarita. Une fois le lama dépecé, il faut tisser la laine. Chaque partie est utilisée.

La famille de Margarita. Trop belle !!!!!

Confortable la peau de lama, n’est-il pas ?

Le bloc, c’est bien, mais la voie ça reste une base. Surtout lorsqu’on est entouré par des parois qui regorgent de lignes majeures.

Ayant eu la bonne idée de demander un perfo à Petzl, Axel et moi avons pu équiper des voies qui frôlent le « 5 étoiles ».

Vues du bas, les lignes semblaient toutes très abordables, mais c’était sans compter sur le style totalement atypique des préhensions et de la gestuelle qu’il a fallu adapter pour bouger dans les voies. A cela, il faut ajouter encore une fois de l’engagement (peur de manquer de points…) et toutes les difficultées physiologiques que cela engendre de faire de la résie à 4200m…

Ayant eu les yeux plus gros que le ventre, j’ai équipé une dalle qui reste à l’état de projet (8c peut-être). La petitesse des prises et leur espacement ne nous a offert qu’un gros BUT ! Il faudra peut-être attendre la venue d’un Diégo Ghesquier bien énervé pour voir tomber la voie (j’espère).

Nous nous sommes donc rabattus sur la voie d’Axel :  » Fear Factor » 8b+, et croyez moi, elle porte bien son nom ! Une proue parfaite et trés aléatoire qu’il faut remonter sur une vingtaine de mètres. Il nous aura fallu à Nina et moi quelques séances pour maîtriser les mouvements, mais entre la « collante » indispensable pour réaliser certains mouv’, les zipettes à répétitions, l’engagement, la résie limitée à cette altitude et autres problèmes de peau, ça ne nous a pas beaucoup aidé… (Axel, étant reparti quelques jours avant nous, n’a pas eu l’occasion de FAté son chef d’oeuvre, car on parle bien là d’un bijou, ou en tout cas une voie que je considère comme tel.

C’est non sans mal, que je me suis offert la première de cette voie. En plus de la ligne majeure qu’elle représente, nous nous sommes demandés si ce n’était pas le premier 8b+ à 4200m (j’attends vos avis).

Nina dans le premier crux de « Fear Factor »

Amateurs d’arquées et de pinces plates, vous êtes vivement conviés à venir trainer vos chaussons dans cette voie.

(Ph: Axel.B)

Clou-clou (Aymeric Clouet) célèbre alpiniste de la cordée AC/DC, accompagné de Pauline, sa chère et tendre étaient de passage dans notre bon vieux désert et en ont profité pour ouvrir aussi quelques lignes mais dans un tout autre style : La fissure.

Clou-clou file quelques tuyaux sur la manière de prendre une pince plate. Mais bon, c’est plat, c’est plat ! tu serres et puis c’est tout, hein ?

Voilà voilà, sinon qu’est-ce qu’on a fait d’autre ? Ha oui, on s’est fait le volcan, une p’tite bosse qui monte quand même à 5482 m.

Au sommet du volcan.

La descente a été bien plus cool que la montée…

Voici donc un bon résumé du trip complètement dément que nous avons vécu pendant une vingtaine de jours au fin fond du désert argentin.

C’est un spot vraiment majeur qui vaut le déplacement, alors si vous avez l’occasion, n’hésitez pas…

J’essaierai de mettre prochainement une galerie photo pour vous en montrer un peu plus. A venir également un topo et toutes les infos nécessaires au bon déroulement de ce trip. Et surtout une vidéo majeure réalisée par Juju Nadiras.

Ci-dessous quelques photos en vrac pour le plaisir des yeux.

Juju derrière son jouet fétiche. Il est pas fier le garçon ?

Beaucoup moins glorieux, le même au réveil.

Les « Salinas grandes » vues par Nina.

Les fameux steacks argentins, énormes et délicieux.

Los Gringos.

Juju force comme une mule dans ce projet estimé à 8b, qu’il a bien failli tordre.

Un peu de tendresse dans ce monde de brutes…

Face sud de l’Aconcagua.

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