Du bolting trip au Petzl Roc Trip 2012

L’édition 2012 du Petzl Roc Trip a de nouveau connu un véritable succès.
Cet événement international qui attire de plus en plus de monde chaque année est devenu un incontournable. Les grimpeurs affluent des quatre coins du monde pour vivre une aventure exceptionnelle au milieu de nulle part, là où dame nature a laissé libre cours à son imagination.

 

Les paysages qui nous sont donnés de découvrir à chaque Roc Trip sont toujours plus incroyables. Petzl à travers Erwan Le Lann (organisateur des Petzl Roc Trip) cherche à minimiser son impact sur l’environnement, ce qui permet à chacun de s’immerger dans des ambiances locales uniques telles qu’elles ont toujours étaient.
Mais avant le prestige, il y a la préparation, et si cet événement rencontre aujourd’hui un tel succès, c’est qu’il y a en amont un travail de préparation conséquent.
J’ai eu l’occasion de participer à deux sessions d’équipement et de préparation d’un Petzl Roc Trip : La Chine et l’Argentine, c’est pourquoi je me suis dit qu’il serait intéressant de partager de telles expériences.

 

A l’occasion de cette dernière édition le Petzl Roc Trip a fêté ses dix ans. Une décennie pendant laquelle le concept de base a largement évolué, et si à l’origine il avait vocation à réunir une élite de grimpeur pour qu’ils se tirent la bourre dans une voie ultime, il est aujourd’hui ouvert à tous quelque soit leur niveau. L’idée de rassemblement et de convivialité reste prépondérant, et chaque année le team Petzl se joint à tous ces grimpeurs venus vivre ou revivre l’expérience d’un Petzl Roc Trip. Cet événement réuni quelques uns des meilleurs grimpeurs du monde, l’occasion unique pour beaucoup de partager des expériences enrichissantes.
Avant qu’un Petzl Roc Trip puisse voir le jour, il faut qu’Erwan en estime la faisabilité et le réel intérêt local, car le but de ce genre d’événement est aussi d’aider les grimpeurs locaux à développer leurs falaises et d’y pérenniser l’escalade une fois le roc trip terminé. Il va sans dire qu’organiser un événement de tel ampleur est déjà une difficulté en soi, mais si en plus il peut se trouver dans un endroit paumé dont la civilisation n’a pas ouïe dire, ça ne peut que rajouter un peu de piment à une salade déjà bien épicée et offrir à Erwan son plat favori : la galère.

 

Après qu’un nouveau spot ait obtenu l’approbation d’Erwan et qu’une partie de l’administratif,  ait été résolu, l’équipement des falaises et l’aménagement des lieux peuvent commencer.
Le « bolting trip » est une aventure en soi, car nous sommes les premiers à découvrir ces nouveaux spots, à vivre selon les ambiances et coutumes locales, à s’adapter aux différentes contraintes climatiques, à vivre dans des endroits où il est difficile de s’imaginer qu’un jour il y aura un Petzl Roc Trip . Ce fut le cas lorsque notre groupe constitué d’Américains, de membre du team et de motivés en tout genre a débarqué à la Piedra Parada pour la première fois.
Nous sommes arrivés au mois de mars, une période de l’année où toutes les couleurs sont éclatantes, où les étoiles sont incroyablement distinctes, et au moment où il n’y avait rien d’autre sur place que cette petite baraque isolée au pied de la Piedra. Nous avons aussi été stupéfié par la beauté et la démesure de ce canyon quasiment vierge.

Le Bolting trip a plusieurs fonctions, car il ne s’agit pas simplement d’équiper des voies pour pouvoir accueillir un Roc Trip. Il faut également réaliser un topo et donc shooter les différents secteurs, les grimpeurs, et réunir bon nombre d’éléments pour pouvoir constituer une base de travail, c’est une mission longue et difficile souvent effectuée par Guillaume Vallot.

 


La première fois que nous sommes arrivés sur spot, en l’occurrence dans ce canyon, nous ne savions plus où donner de la tête tant il y avait du caillou autour de nous. Ces parois d’environ 200m nous inspiraient tout autant que des secteurs à dimensions plus modestes. Je dois bien reconnaitre que nous avions souvent du mal à trouver du rocher sain et béton, le travail de purge était conséquent et dire que nous rentrions le soir avec l’apparence d’un tas de poussière est un doux euphémisme…

Guillaume Vallot se contorsionne pour Shooter Nina.

     

Comme tout job d’équipement, il faut acheminer le matériel au pied des voies, et suivant le secteur qu’on choisi d’équiper, on peut se mettre des missions plus ou moins importantes. Les cordes statiques et dynamiques soit deux fois cent mètres, le perfo, les plaquettes et goujons, tout le nécessaires de remonté sur corde, le matos de grimpe perso, casque, marteau, brosses, etc. constituent les sacs d’au moins une cordée d’équipeur.
Je faisais équipe avec Nina Caprez, et je dois dire que j’étais bien content, car elle portait des sacs plus lourds que pas mal de mecs, après tout, il faut bien qu’elle assume sa réputation de machine Suisse…
Sur place, nous sommes libre d’équiper tout ce qu’on veut, mais il est important de garder à l’esprit qu’il n’y aura pas que des « octogradistes » sur le rassemblement, c’est pourquoi on essai d’équiper pour tout niveau.
Afin d’aider à réaliser le topo, nous prenons soin de remonter le maximum d’informations sur ce que nous venons d’équiper, le niveau, le nombre de points, le lieux, l’orientation du soleil, s’il y a des particularités, etc. Dans le souci de donner des cotations correctes, mais aussi pour faire les croix,  et surtout parce que des fois il y en a marre d’équiper, nous tapons régulièrement des runs dans nos créations pour en estimer le nombre d’étoile, ou pas…

Nous restons généralement une bonne vingtaine de jours sur place, ce qui laisse le temps de s’habituer au rythme local, de vivre des aventures incroyables, de voire des choses peu communes, loin de tout et au rythme du soleil.

C’est généralement dure de repartir, mais  nous savons que nous serons de nouveau sur place dans quelques mois pour le Roc trip.
Nous savons aussi, que les ambiances et le rythme seront différents, qu’il y aura du monde partout, et que les choses seront bien différentes. Mais après tout, c’est bien pour  ça que nous avons bossé. Pour que d’autres puissent à leur tour vivre ces aventures uniques.

Novembre 2012, nous voici donc de retour au pied de la Piedra Parada, et effectivement il y a un peu plus de monde. Les tentes ont poussées de partout, et bien que nous soyons dans le désert, les derniers arrivants ont beaucoup de mal à trouver un emplacement. Il y a des stands de nourriture tout autour de la place principale, et le ranch s’est bien agrandi.
Les bus défilent toute la journée ramenant des vagues de grimpeurs qui se précipitent aux inscriptions pour le rassemblement.



Le team Petzl venant des quatre coins de la planète se reforme à nouveau pour une semaine de folie dans cet endroit idyllique.
Et il ne faudra pas attendre longtemps pour voir le canyon s’animer et raisonner au rythme des encouragements et des croix.
Que ce soit par la grimpe, la randonnée ou les discussions, il y a chaque jour des découvertes intéressantes à faire autour du camping.

Cette année encore il y aura eu des performances à tous les niveaux, de la convivialité, de la diversité et de la découverte culinaire. je pense que l’expérience de l’asado Argentin en aura surpris plus d’un.

 
Pour finir sur une bonne note, nous avons eu droit à la traditionnelle fiesta finale, et je dois dire que les Argentins ne sont pas les derniers pour faire la fête…
Nous avons tous vécu une aventure extraordinaire, et j’ai hate de la voir en image à travers le montage de Vladimir Cellier de Barakaflim.

 

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One Response to Du bolting trip au Petzl Roc Trip 2012

  1. axl says:

    il y a l’air d’avoir du vent, ça doit bien voler là bas !

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